Qui est Jack Renault?

Par Martin Achard

1. CARTE D’IDENTITÉ

Jack RenaultPrénom et nom de naissance: Léonard Dumoulin.

Mensurations: 6’ 1’’ (1,85 m); 195 lb (88,5 kg); portée de 72’’ (1,83 m).

Carrière chez les professionnels: 1918 à 1933.

Palmarès chez les professionnels: 78 victoires (dont 36 par K.-O. ou T.K.-O.), 27 revers, 3 matchs nuls et 6 no decision ou no contest.

Titre détenu: Champion canadien des poids lourds.

Autres faits d’armes:

  • A été classé dans le top 5 mondial chez les poids lourds.
  • A affronté neuf membres de l’International Boxing Hall of Fame (IBHOF).
  • A boxé cinq fois en tête d’affiche au Madison Square Garden de New York.
  • S’est battu au Canada, aux États-Unis, à Cuba, en Colombie, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

2. ORIGINES

Léonard Dumoulin, qui prendra plus tard le nom de Jack Renault, naît le 18 janvier 1895 à Notre-Dame-des-Bois. C’est dans ce village de l’Estrie au Québec qu’il passe la majeure partie de son enfance et de son adolescence.

3. INITIATION À LA BOXE

En 1914, il déménage à Montréal où il exerce pendant un temps le métier de policier. Il est initié à la boxe au gymnase de la police et il prend part à des compétitions amateurs en 1916 et en 1917. Le noble art, qui a été légalisé par les élus montréalais au début de 1915, connaît alors un essor considérable dans la métropole.

4. DÉBUTS CHEZ LES PROFESSIONNELS

En juin 1918, il livre à Sherbrooke son premier combat chez les professionnels. Au cours des quatorze mois qui suivent, il dispute une douzaine de combats, tous au Québec.

Greb-RenaultEn novembre 1919, il se bat pour la première fois aux États-Unis, à New Bedford. Il rencontre dans cette ville du Massachusetts Al Cassidy et Jim McDonald, qui deviendront ses premiers véritables gérants. À leur demande, il s’invente un nouveau nom, plus facile à prononcer pour le public américain: Jack Renault.

En 1920 et dans le premier tiers de 1921, Dumoulin, maintenant rebaptisé Renault, a l’occasion de se frotter à deux boxeurs de tout premier plan: Battling Levinsky et Harry Greb. Ses deux défaites contre Greb trahissent ses lacunes en défensive et dans la boxe à courte distance.

5. DE PRÉCIEUSES OCCASIONS DE PARFAIRE SON ART ET DE PROGRESSER

En mai 1921, il accepte de servir pendant plusieurs semaines de partenaire d’entraînement au champion du monde des poids lourds Jack Dempsey, qui se prépare alors pour son match extrêmement médiatisé contre Georges Carpentier. Ses bonnes capacités d’encaisseur lui permettent de s’acquitter admirablement de sa tâche lors des rudes séances de sparring et il développe avec Dempsey une amitié durable.

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Renault au Grupp’s Gym

Il a la chance de livrer un combat lors du programme Dempsey-Carpentier, l’un des évènements les plus célèbres de l’histoire de la boxe, et il fait son entrée, dans le cadre d’un combat préliminaire, au Madison Square Garden en décembre 1921.

En 1922, il s’associe au puissant gérant Leo P. Flynn, qui lui donne l’occasion de s’entraîner avec des boxeurs d’élite tels que Jack Britton, Kid Norfolk et Dave Shade. Flynn lui bâtit aussi un personnage de «boxeur venu du nord et de la forêt» afin de faire sa promotion auprès du public et dans les médias.

6. L’APOGÉE

Ayant maintenant gagné en habiletés pugilistiques et en confiance, il commence à enchaîner les succès notables à partir de la fin de 1922. Comme boxeur, son style de base demeure toutefois le même qu’à ses débuts: chercher à combattre à longue distance et à contre-attaquer.

Le 9 mars 1923, il signe au Pioneer Sporting Club de New York la victoire peut-être la plus impressionnante de sa carrière en déjouant les pronostics et en mettant K.-O. au 11e round le futur membre de l’International Boxing Hall of Fame George Godfrey. Cet exploit lui vaut de faire la couverture du Ring Magazine en juillet 1923.

Le 10 octobre 1923, il remporte le titre de champion canadien des poids lourds en défaisant Soldier Jones au Théâtre St-Denis de Montréal.

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Pesée du combat Renault-Madden

Le 2 novembre 1923, dans la finale d’un programme présenté au Madison Square Garden de New York, il livre l’une de ses meilleures performances et met K.-O. au quinzième round l’étoile montante Floyd Johnson.

Le 11 août 1924, au Queensboro Stadium de Long Island, il triomphe aux points du populaire Bartley Madden devant une foule de 16500 spectateurs.

Le 8 septembre 1924, il inscrit à son palmarès une seconde victoire sur George Godfrey, obtenue cette fois par décision, à Philadelphie.

Dans la seconde moitié de 1924, il est généralement considéré comme l’un des trois principaux aspirants au titre mondial détenu par Dempsey.

7. LE RECUL

Les très bonnes bourses qu’il a encaissées en 1923 et en 1924 lui font développer des habitudes et un style de vie de «nouveau riche». Il se passionne pour le golf et les belles voitures, et il profite de son statut de célibataire et de célébrité dans les clubs à la mode de New York.

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Renault en 1926

Dans la première moitié de 1925, deux revers aux points, l’un contre Jack Sharkey et l’autre contre George Godfrey, font pâlir quelque peu son étoile. Il demeure toutefois classé dans le top 10 mondial des lourds.

En mai 1926, alors qu’il paraît s’approcher d’un affrontement contre Dempsey, il se blesse à la main gauche lors d’une victoire contre Jack DeMave. Cette blessure le force à l’inactivité pendant plus d’une année.

Au début de 1927, il joue l’un des rôles principaux dans un film, Knockout Reilly, produit par Famous-Players-Lansky.

8. LE DÉCLIN

Lorsqu’il reprend le collier comme boxeur en juillet 1927, son déclin s’amorce.

En octobre 1927, il subit une défaite aux points contre un autre Québécois, Jack Delaney, lors du combat vedette d’un programme présenté au Madison Square Garden.

Entre 1928 et 1930, il encaisse huit revers et perd définitivement son statut d’aspirant au titre mondial.

Il dispute son dernier combat en mai 1933, à Atlantic City.

9. L’APRÈS-CARRIÈRE

De 1933 à 1961, il habite aux États-Unis où il occupe divers emplois (portier, travailleur d’usine, employé dans un salon de quilles).

En 1961, il revient vivre au Québec, dans le village de Beebe en Estrie. Affaibli par divers problèmes de santé, il décède à Sherbrooke le 28 juillet 1967, à l’âge de 72 ans.

10. POUR EN SAVOIR PLUS

The Ring Juillet 1923Nous disposons sur Renault d’une excellente biographie, écrite par l’historien Serge Gaudreau: Jack Renault: le boxeur oublié, Magog (s.é.), 2006, 265 p. On trouve également, du même auteur, une notice biographique sur Renault dans l’ouvrage édité par Gilles Janson, Dictionnaire des grands oubliés du sport au Québec (1850-1950), Québec, Septentrion, 2013, p. 155-159. J’ai puisé largement dans ces deux sources pour rédiger le présent article.

Des pages wikis sont consacrées à divers combats livrés par Renault dans BoxRec. J’ai moi-même (sous le pseudonyme de Jack Delaney) créé ou étoffé, en tablant sur des recherches que j’ai effectuées dans les journaux de l’époque, les pages wikis suivantes: Porky Dan Flynn-Jack RenaultHarry Greb-Jack Renault 1, Harry Greb-Jack Renault 2, Jack Renault-Al Reich, Jack Renault-George Godfrey 1, Jack Renault-Fred Fulton 2, Jack Renault-Soldier Jones 2, Jack Renault-Floyd JohnsonJack Renault-Bartley Madden, Jack Renault-George Godfrey 2, Jack Renault-Homer Smith 2, Jack Renault-Quintin Romero Rojas 2Jack Renault-Jack DeMave, Jack Renault-Arthur De Kuh 1, Jack Delaney-Jack Renault.

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